Ouais, c’était un peu ambitieux de tenter le calembour avec ce mot. Mais au moins vous m’avez compris, je vais vous parler de la meilleure façon de vivre en communauté, et pas la communauté juive putain, c’était un jeu de mot, maintenant tu te casses d’ici Dieudo. Loin devant la vie d’ermite, plus serein que d’habiter avec sa copine et plus chaleureux qu’une tente sur le canal St-Martin : la colocation.

J’ai eu la chance de vivre dans plusieurs colocations de style différent : de la gigantesque maison partagée par 16 clampins, à l’auberge espagnole où personne ne comprend le dialecte d’un autre colocataire, la coloc entre potes et l’appartement « GirlFriendly ». Chacune d’entre-elles s’est soldée par la création d’un lien plus fort que n’importe quelle amitié : ils deviennent une partie de vous, vous devenez une partie d’eux. Pas littéralement, plus dans le sens que vous aurez toujours un sous-vêtement à eux dans votre armoire, et ça, c’est beau putain. Dur à expliquer à ta meuf/mec, mais beau.

Alors forcément, c’est le genre d’anecdote que tu racontes aux gens autour de toi. « Ahahahah tu te souviens quand on a fait un hockey sur savon dans le salon ? » ou « Ohohoh, tu te rappelles quand tu as choppé ma sœur à la crémaillère ? » (Certes c’était plus un Ohohoh de rire jaune avec un couteau à la main, mais ça compte quand même.)

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Une coloc réussie, c’est pouvoir remplir un mur de Private Joke.

Quand je termine mes histoires par un « Bref, c’est comme vivre dans New Girl », je vois dans leurs yeux candides « Putain je vais habiter avec Zooey Deschannels ».

Je fais donc cet article pour mettre des choses au clair : NON ce n’est pas de la chance de tomber dans une colocation qui pourrait être un TV SHOW, NON ce n’est pas tous les jours qu’un loyer divisé procure du fun, ça se résume à 99% du temps à un « Y’a plus de PQ » ou un « J’t’ai piqué tes lardons, ça ne te dérange pas ? » alors qu’on est Dimanche aprèm’, je viens de sortir de mon cuvage ET TOUT CE QUE JE VOULAIS C’ÉTAIT DES PÂTES CARBO.

Mais ces 1% de bonheur ultime entre coloc, tu ne peux l’atteindre qu’à condition de faire des compromis (Normalement c’est à ce moment  que ma meuf me regarde avec des yeux noirs.)

Mais commençons par le début, et nous finirons par la fin. Evidemment, on va parler d’évidences, mais quand je parle de colocation avec certains d’entre-vous il y a eu clairement incompréhension sur la chose quand on me répond des « T’as trop de la chance, moi mon coloc c’est un con. » puisque dans une coloc de 2, il reste 50% de chance que ce soit toi le connard.

Reprenons donc les étapes de façon chronologique sur comment faire fonctionner un tel habitat :

PREMIEREMENT : POURQUOI DONC QUE FAIRE UNE COLOC ?

Si ta raison numéro une se résume par « Comme ça j’aurai un appart’ plus grand » ou « ça me coûtera moins chère en loyer », c’est que tu es pragmatique,ok , mais clairement pas prêt pour ça. La colocation c’est un milieu de dépressifs : pour avoir une colocation fusionnelle, il faut que tu sois inadapte à la vie en solitaire. Etre tout seul 20 secondes te donne déjà envie de te casser de ton studio pour aller squatter la terrasse d’un bar, le silence te fait allumer TPMP en fond sonore pour te sentir moins isolé (et vachement plus intelligent.), si tu ne croises personne de la journée tu ne vois pas la raison d’avoir une hygiène corporelle et tu t’es déjà surpris à dire bonjour à ton voisin de vis-à-vis pour tenter de parler politique : tu es bien donc rôdé pour habiter avec d’autres personnes que ta mère.

Mais du coup, AVEC QUI QUE JE PEUX FAIRE UNE COLOC ?

Et bien avec n’importe qui pélo, c’est le principe. Même si je suis moins fan de le faire avec des potes : pas pour le mythe du « Nan mais tu risques de perdre des amitiés en habitant avec un pote » qui est totalement bullshit si tu respectes les règles du bon coloc (on verra ça plus loin), mais il y a le risque du « c’est bon, c’est un pote, il s’en bat les couilles » quand tu NETTOIES PAS TES TRACES DE PNEUS DANS LES CHIOTTES qui peut jouer sur l’avis que tu avais sur tes relations.

Dieu que j’aime cet article, je peux régler tous mes comptes.

Mais faites le avec des inconnus, juste pour l’ouverture d’esprit et surtout, SURTOUT, rencontrer des nouvelles personnes. Et vous verrez à quel point les amies des autres sont vachement plus enclin à terminer la soirée avec vous quand vous avez une chambre dans le même appart’ que ceux-ci.
Même si au final c’est mes colocs qui ont le plus profité de mes potes, ou mes potes de mes colocs… Je suis un peu perdu avec toutes ces histoires de « consentement »

Mais alors, COMMENT QUE JE CHOISIS CES GENS AVEC QUI PARTAGER UN LOGEMENT ?

Normalement, 90% de la bonne ambiance d’une coloc se joue à cette étape : le choix de tes partenaires.
Si vous êtes un pro de Tinder, c’est exactement les mêmes réflexes : vous mettez vos critères (Lieu, prix, taille…) et c’est partie pour le premier filtre.

Les colocs sont tous en couple depuis 3 ans ? NEXT
Les colocs parlent déjà de tâches ménagères dans leur annonce ? NEXT
« Nous recherchons quelqu’un de calme et sérieux » NEXT
« Si tu bois ta pinte en plus de 10mn, ne cherches même pas à postuler à cette annone » => SUPERLIKE

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Le genre d’annonce qui envoie du rêve et qui vend bien l’ambiance.

Voilà, normalement vous avez 5/6 visites de prévu dans la semaine, il faut se préparer à l’entretien des colocs. ET C’EST TOUT. Pas de visites d’appart’, on s’en bats les couilles de ça. Normalement avec vos filtres pendant la recherche vous n’allez visiter QUE des appartements qui siéent à votre bonheur (taille, prix, emplacement et commodités => C’est les 4 seuls putains de critères dans votre choix.) J’inciste parce que c’est TREEEEEEESSSS (trop) souvent que ça bloque à ce niveau là. « Gnagnagna je prends cet appart’ parce que c’est un bon rapport prix/taille » NON PUTAIN, tu vas pas emménager avec des Néo-Nazis juste parce qu’ils habitent un château au loyer ridicule ? Non, tu habites avec des Néo-Nazis si toi aussi ça te fait rêver d’annexer la Pologne, peu importe le prix.

Mais comment savoir que nos Colocs veulent envahir le pays voisin ? Comme dit plus haut, faut suivre un peu, en passant un entretien.

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Rien qu’à la déco, vous pouvez connaître l’ambiance d’un lieu donné. Bien plus attirant que l’annonce d’au-dessus, n’est-il pas ?

L’ENTRETIEN, ALIAS « Peut-on partager des chiottes avec cette personne ? »

Dans ma vie, j’ai eu la chance d’avoir été des 2 côtés du miroir : passer des entretiens comme en faire passer. Et si vous en voulez un aperçu, Klapisch a tout compris à ce capharnaüm social dans « L’Auberge Espagnole« .

Mais ce qu’il faut en retenir, c’est que vous passez un test autant que vous le faites passer aux habitants : vous cherchez un endroit où loger, ils cherchent tout autant que vous quelqu’un avec qui partager cet endroit. Vous avez autant de cartes en main qu’eux, sans pression, le but est vraiment de savoir si ensemble vous allez pouvoir créer cette synergie que les séries américaines (ou Anglaises, « Fresh Meat » <3) aiment nous présenter. Quand on te demande « Tu te masturbes combien de fois par jour ? » En soit on s’en branle (Oh oh!) de ta réponse, on veut juste voir ta réaction, ton humour, bref, ton toi de tous les jours vu que c’est celui qu’on verra le plus. Il faut savoir que la majorité des colocs « cools » posent ce genre de questions pour savoir si tu es là pour habiter AVEC eux, ou juste dans le même endroit qu’eux. Et tout ça va se jouer au feeling, c’est un peu pute, mais ça ne fonctionne que comme ça.

LES CHOSES À REPERER

Et comme tout se joue au feeling  du côté colocataires, de ton côté tu peux savoir beaucoup plus précisément si tu peux te plaire avec eux que juste avec le ressenti : les détails de leurs vies.
Sherlock style, en quelques observations tu peux deviner énormèment sur ces personnes. Exemple :
– Il y a une bache par terre, et ils sont tous vêtus de blouse => Tu es dans American Psychose, bon décés à toi.
– La déco est exlusivement conçu à partir de bouchon de liège => Tu as interêt d’avoir le foie solide.
– Tabac à rouler + feuille mais pas de cendriers => Ils fument à l’intéreur
+ grinder => Ils sont certainement stone à l’heure qu’il est
+ La salle de bain ne possède aucun produit d’hygiène => C’est une colocation hippie
+ Ils sont plutôt nombreux à errer dans une salle vide, l’immeuble à l’air vétuste et personne ne prête attention à toi => tu t’es gouré d’adresse Ducon, tu es dans un squatte d’héroïmane là.

C’est aussi à toi de dire « non » à des appart’ qui te semblent chelous, car qui ne dit mot consent. Enfin presque, c’est pas passé au tribunal la dernière fois, encore cette histoire de « consentement »

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E, R et T de mon article sur Dour. En bas à droite, le compteur de « Viol de potes », au milieu notre score au test de Griffor, quand je vous dis que tous les détails comptent lors d’une visite…

ETRE UN BON COLOC

Bien choisir ses colocs, c’est 50% du chemin qui est fait, mais il ne faut pas oublier de ne pas être un gros con soit même. Ça arrive vite : on commence par oublier d’étendre son linge et on finit par pisser dans les coins pour délimiter son territoire. Voici quelques règles à suivre pour éviter ce genre de désagrément :

  1. On ne couche pas avec ses colocs.
    C’est LA règle de base, et pourtant j’en vois chaque année qui foutent en l’air leur communauté pour une petite fellation (nulle en plus). ET je vous raconte même pas la galère si vous ne la/le faites pas jouir : c’est ménage tous les jours.
    Restez cantonnés aux potes des colocs, plus facile et moins de répercussions.
  2. Non jugement et Amour.
    Vous allez vivre avec des gens qui n’ont pas reçu la même éducation que vous. Si pour vous c’est normal de se balader à poils, pas forcément pour eux. Si vous êtes tous partis de chez vos parents pour vivre ensemble, ce n’est pas pour que l’un de vous commence à devenir un daron sans enfant et engueule tout le monde avec ses lois.
  3. Les règles de la maison sont décidées par les anciens.
    Un des principes les plus implicites : même si vous payez le même loyer, les règles posées par ceux qui ont été là avant vous prédominent. Une sorte de culture et traditions ancestrales propre à chaque appartement : si le canapé est ici, c’est parce qu’il cache une tâche de Villageoise. On descend les poubelles le Mardi et c’est comme ça, on range l’apéro que le lendemain matin etc. Ce n’est pas à vous de vous imposer, sauf si vous gagnez un vote à l’unanimité. Faites gaffe à ça pendant votre entretien !
  4. Votre chambre, c’est VOTRE chambre. Et la chambre des autres, la LEUR. En court, seul l’espace commun se partage. Et si l’un de vous conclue sur le sofa de l’espace commun, sachez que c’est automatiquement pris comme une invitation pour un plan multiple. Et là, il y a pas d’histoires de « Consentement » qui tiennent !Nan en vrai, il faut quand même son consentement hein. Mais uniquement de la choppe de votre coloc, c’est chacun pour son cul dans ces cas là.

LES OUTILS POUR COLOC DE FEUX DE DIEU

  • Un lave-vaisselle.
    Je ne le dirai jamais assez mais c’est bien le seul putain de défaut que d’habiter à plusieurs, c’est cette vaisselle qui ne s’arrête jamais.
  • Une télé.
    Parce qu’il n’y a pas meilleures activités pour créer des liens que de juger les autres en étant avachi dans un fatboy.
  • Un ennemi commun
    Que ce soit ton proprio ou ton voisin, l’Histoire nous a déjà prouvé qu’il n’y a rien de mieux pour rapprocher une commaunauté qu’en n’en détestant une autre.
  • Un tableau
    Pour écrire des choses très intéressantes du genre « KORI FAIT TA VAISSELLE » ou « J’ai niqué ton pote hier, désolé. ». Je vous conseille un tableau noir pour craie, pas un Picasso. De toute façon si vous êtes en coloc’ c’est que vous n’avez pas les moyens.
  • Un bar tout proche
    Invitez vos colocs à chacun de vos events, et ils feront la même pour vous. Et comment vous avez rencontré 99% de votre cercle d’amis ? En étant torché, et bien c’est exactement pareil ici.
  • Une soirée type « Squatte dans une usine » : rien de mieux pour avoir le respect des ses colocs qu’en les retrouvant les pupilles dilatées avec des acouphènes dans un entrepôt désaffecté à 5h du matin.
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Si il pouvait payer un loyer, le lave-vaisselle serait clairement le meilleur coloc possible

Maintenant que vous avez tous ces conseils en poche, vous devriez facilement tomber sur une coloc « qui claque sa mère »(Littéralement, n’oubliez jamais de surveiller vos colocs quand vos parents viennent vous visiter.)

Fin’ après, je dis ça mais j’ai trouvé mon dernier appart’ en envoyant mon dossier via LeBonCoin : faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Kori

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